La situation des étudiants handicapés :


étudiant en fauteuil.
Changement de réalité

En 2006-2007, on comptait en France 7261 étudiants handicapés inscrits dans les universités françaises, soit 0,52% de l'ensemble des étudiants. Cette proportion, si elle est encore minime aujourd’hui, ne cesse d'augmenter depuis que les étudiants sont recensés. Le nombre d'étudiants en situation de handicap inscrits dans l'enseignement supérieur s'est multiplié par 11 en vingt ans!
Ainsi, de 700 étudiants recensés au début des années 1980, ils sont aujourd'hui plus de 8700 dont 1870 dans les universités franciliennes. 
Grâce à une meilleure intégration des élèves handicapés en collège et lycée (notamment dans le cadre du plan Handiscol ou aide-handicap-école), les élèves handicapés sont de plus en plus nombreux à accéder dans l'enseignement supérieur.
L'exemplarité de certaines réussites universitaires ouvre la voie à d’autres, démontrant aux plus jeunes en situation de handicap qu'ils peuvent être ambitieux, qu'ils sont capables de s'intégrer dans l'enseignement supérieur et de viser à terme une insertion professionnelle réussie.
Les différentes structures de l'enseignement supérieur se doivent donc de faire face à ces arrivées de plus en plus nombreuses en améliorant encore l'accueil et l'accompagnement des étudiants handicapés pour être à la hauteur des ambitions légitimes que ces jeunes démontrent.
(Sources chiffrées : site Handi-U du Ministère de l’Education Nationale et Claire Magimel La place du handicap et des étudiants handicapés à l’université.Accessibilités et Usages en Ile de France et au Québec, thèse de doctorat, 2004)

Priorité du gouvernement

La dernière loi sur le Handicap datait de 1975. La loi de février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées fait de l’accès aux études supérieures aux personnes handicapées ou présentant un trouble de la santé invalidant une priorité.
La loi prévoit une adaptation des locaux universitaires d'ici 2012, reconnait le droit de bénéficier d'aménagement des  conditions de passation des examens selon les besoins de l'étudiant handicapé. Elle prévoit la formation des personnels en charge de l'accueil de ces étudiants.  Les universités sont encouragées à mieux penser leurs espaces et à rendre leurs locaux, mais également leurs enseignements, accessibles à tous.
Si certaines universités ont pris en compte depuis plusieurs années les besoins liés aux étudiants handicapés et ont fait preuve d’une réelle volonté d'y répondre au mieux et au plus tôt, les aménagements exigés par la loi s’avèrent longs et difficiles à mettre en place. La réactivité des établissements face aux adaptations est plus ou moins longue.
Mais quand bien même les universités satisferaient du jour au lendemain à toutes les exigences d’accessibilité, l’intégration des étudiants handicapés ne serait pas acquise pour autant. Sans une évolution des mentalités, fruit d’une compréhension s’appuyant sur une meilleure connaissance des situations de handicap, les sentiments de discrimination, fondés ou dus à diverses maladresses, persisteront. A l’inverse, les aménagements matériels nécessaires à une meilleure intégration seront certainement d’autant plus spontanément mis en oeuvre, que l’ensemble de la communauté universitaire (personnels et étudiants) aura acquis une meilleure connaissance des divers obstacles rencontrés quotidiennement par les personnes handicapées. 

Changement de mentalité

Ce dont les étudiants handicapés souffrent le plus, c’est bien souvent du regard des autres. Au-delà du travail de mise en oeuvre des mesures législatives, il est nécessaire d’informer et de sensibiliser le public sur la réalité du handicap. Peur de la différence, peur de mal réagir, peur de commettre des maladresses etc. entraînent bien souvent les étudiants valides à ne pas aller vers leurs homologues handicapés.
En découvrant et en se familiarisant avec le handicap, les étudiants dits « valides » pourront dédramatiser leurs perceptions imaginaires des différents handicaps et situations vécues par les personnes handicapées et réciproquement, en créant des liens avec des étudiants dits "valides", les étudiants handicapés constateront que leurs pairs non handicapés sont davantage retenus par la l'ignorance et la peur que par une volonté d'exclure.
En les invitant à se rencontrer, discuter ensemble et participer à des activités communes lors des Journées Handivalides, il est donné à chacun la possibilité de découvrir l’autre, d’apprendre à le connaître et éventuellement d’établir un lien social durable avec lui.
Honorée du prix Ile-de-France Handinnov en novembre 2003, l’association poursuit depuis ce jour ses efforts et développe ses partenariats avec les établissements d'enseignement supérieur franciliens (12 en 2007 répartis sur les 8 départements de l'Ile-de-France, 17 en 2008 dont 14 en Ile de France et 3 à Lille, Lyon et Nantes).
Réalisé par Ecedi