Des jeunes, membres d’associations de solidarité ou d’éducation populaire
Nous appartenons à une même génération et sommes désireux de nous engager dans des projets éducatifs, solidaires et coopératifs. Nous apprécions de retrouver cet esprit de coopération propre à la démarche associative (échanges d’idées et d’expériences, définition de projets partagés, mutualisation de moyens…) dans le cadre de collaborations et de rencontres inter-associatives. Nous pensons que, aussi modestes soient-ils, les projets associatifs à caractère solidaire ou éducatif sont vecteurs de transformations sociales et nous souhaitons nous inscrire dans cette dynamique en faveur d’un monde plus attentif au devenir de chacun et de tous.
Des actions vers les jeunes
Le fait de cibler un même public nous permet de progressivement construire une méthodologie adaptée. Dans le cadre d’actions à destination des plus jeunes, la proximité d’âge nous permet de ne pas être identifiés aux parents et enseignants et de souvent bénéficier, en tant qu’ « aînés »,d’une attention privilégiée. Dans le cadre d’actions destinées à ceux de notre génération, le fait de partager certaines pratiques culturelles et conditions de vie facilite la création de moyens adaptés pour diffuser nos messages. Malgré cette spécificité nous reconnaissons pleinement la pertinence et l’opportunité d’autres approches éducatives, notamment intergénérationnelles.
Une ambition : l’action éducative
Nous invitons notre public à s’ouvrir, par une approche globale, sur des réalités complexes
(culturelles, sociales, politiques, écologiques, économiques…) qui ne lui sont généralement pas
familières et à aiguiser son esprit critique et citoyen. Il s’agit encore, en surmontant de possibles
préjugés au moyen d’informations factuelles établies, de permettre la maturation d’une opinion
personnelle et structurée, susceptible de susciter de nouveaux comportements ou engagements.
Parmi les multiples démarches et thématiques qui sont les nôtres :
- l’approche interculturelle nous apparaît intéressante en ce qu’elle permet d’identifier les
jugements de valeurs, conscients ou inconscients, et cherche à les dépasser en proposant
une interprétation complexe des sociétés et de leur histoire.
- la notion de « maldéveloppement », applicable au Nord comme au Sud, nous semble une
préoccupation particulièrement pertinente dans la mesure où elle place au coeur de son
approche les facteurs humains et qualitatifs du développement (culturels, sociaux, politiques,
écologiques, économiques…). Elle tient également compte des interdépendances entre
échelle locale et globale. Ainsi nous sommes convaincus que les conditions du développement
et du maldéveloppement se déterminent ici et ailleurs ; en ce sens les actions de solidarité
locales et internationales nous semblent liées.
En tout état de cause, l’amateurisme, le misérabilisme et le simplisme nous semblent contradictoires
avec une démarche éducative sincère et sérieuse. Nos interventions requièrent par conséquent
l’organisation de temps de formation pour mûrir une approche cohérente pleinement consciente de
ces exigences et renforcer nos compétences en tant qu’animateurs.
Cette conception reste fidèle aux principes énoncés dans le texte « Cadre de l’action éducative
auprès des mineurs », charte initiale du réseau désormais annexée au présent document.
Une méthode privilégiée : l’éducation active
En complément d’une approche verticale et scolaire (relation apprenants – enseignants) nous
voulons privilégier une démarche horizontale où l’apprentissage requiert et valorise la participation
de tous (jeux coopératifs, théâtre forum, ateliers d’immersion, travail en équipe, pédagogie de
projets collectifs…).
Un contenu : l’éducation au développement
Selon nous, elle a pour finalité de permettre, à travers une information la plus objective possible,
une réflexion rigoureuse et exigeante visant à déterminer comment "contribuer individuellement et
collectivement à la construction d’un monde juste, solidaire et durable".
Pour cela elle a pour objectif de favoriser :
- la compréhension des mécanismes d’interdépendance et d’exclusion (…),
- la prise de conscience de l’importance des solidarités [locales ou] internationales comme facteur
de changement social,
- l’action pour la construction d’un monde solidaire.
"Eduquer au développement et à la solidarité (…) c’est s’impliquer dans un processus éducatif global
(…)." [Référentiel d’EDUCASOL].
Un réseau national
La dimension nationale se justifie à nos yeux par le fait que chaque membre peut tirer un grand
parti de temps ponctuels de mutualisation, pour concevoir ou améliorer ses projets. Ce même
principe nous incite à nous constituer, chaque fois que cela nous semble possible, en collectifs
locaux. L’organisation de rencontres au niveau national facilite également la mobilisation de
partenaires plus nombreux, permettant la diversification et l’enrichissement des programmes de
formation.
Selon nous, un réseau n’est pas une fédération dans la mesure où l’identité de chacun des membres
n’est pas engagée en dehors des valeurs partagées contenues dans la charte qui les lie pour une
année. L’objectif du réseau n’est pas de représenter des associations auprès d’autres partenaires
mais de permettre au plus grand nombre d’associations de développer localement des projets
d’éducation au développement.
Toute communication sur les pratiques d’EAD développées au sein du réseau est donc souhaitable,
en vue de la valorisation de notre démarche, pour chacune des associations membres. Toute
représentation politique du réseau, par n’importe lequel de ses membres, n’est en revanche possible
que sur une question spécifique ayant fait l’objet d’un vote associant l’ensemble des associations
adhérentes au programme SENS.
Tout vote engageant le réseau (par exemple, pour participer à une campagne) requiert une majorité
qualifiée des 2/3 des votants dans un délai défini.
Tout vote engageant la charte ou le règlement intérieur requiert une majorité qualifiée des ¾ des
votants, avec quorum à 50% des membres, et après débat en Assemblée Générale.
Lors de l’adhésion et de chacun de ses renouvellements, tout membre du réseau rédige une lettre
de motivation (intérêt pour les formations, dynamique de réseau et de mutualisation...), qui lui
permet de rentrer dans une démarche réflexive quant à son engagement, et à fournir une fiche de
synthèse des actions qu’il a réalisées en EAD pendant l’année qui se termine, ce qui témoigne de la
démarche d’auto-évaluation que porte le réseau.